24 Janvier 1969

N/11 - FG : DZ

(Traduction du yiddish)

Les mémoires de Joseph PORGES
et de la Cour Frankiste à Offenbach.

Introduction de N.M. Gelber

Le rabbin pragois, Dr. L. Stein, a publié il y a plus de 60 ans, dans la collection Achwah, une communication sur les Frankistes.

Dans cette communication il mentionne le récit d'un homme honorable ("bekoweten") de Prague, qui eut l'occasion de vivre quelque temps à la Cour Frankiste.

Le nom de cet homme n'est pas indiqué par le Dr. Stein.

Le biographe bien connu de Jacob Frank, Alexander Kraushaar, cite dans le deuxième volume de sa monographie "Frank et les Frankistes" cette même communication et remarque à ce propos que le récit mentionné par le Dr. Stein, est d'un fabricant pragois bien connu, Leopold Porges, Edler von Portheim.

Kraushaar cite aussi quelques passages de ce récit, qui donne, en peu de mots, une image de la Cour Frankiste à Offenbach durant les années 1798 - 1799.

Aucun des chercheurs postérieurs sur le frankisme ne s'est intéressé à cette communication, publiée par le Dr. L. Stein, pour en faire la critique et vérifier si Kraushaar avait raison.

Par hasard, nous avons eu la chance de trouver ce texte dans la collection du mécène, collectionneur et érudit viennois bien connu, Max von Portheim.

Comme me l'a raconté Max von Portheim lui-même, cette copie, qui se trouve dans sa collection, il l'a recopiée de sa main à partir du manuscrit original qui appartient à Madame Augusta von Portheim à Smichov près de Prague.

Ce document n'est en fait qu'un fragment des grands mémoires de Mosche (Moses) Portheim et non pas de son plus jeune frère Léopold, comme l'indique Kraushaar.

Cf. " Jiddischen historischen Schriften Vol.II. Warschau 1929

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Max Kreutzberger
Casa B I
Via Patrizia 14
ASCONA
CH 6612

Monsieur le Dr. Hans Tramer
P.O.B. 1480
TEL AVIV
25 janvier 1970

Concerne: Mémoires de Moses Porges.

Cher Hans,

Je vous remercie beaucoup pour la copie de votre lettre au Dr. Grubel concernant les copies des mémoires de Moses Porges von Portheim. Il semble que dans cette affaire tout ne soit pas très clair.

L'institut Leo Baeck à New York possède depuis de nombreuses années un manuscrit de ces mémoires et nous les avons reçus, si je me souviens bien, de Madame Bruch (Brach) qui a, elle aussi, une relation familiale avec les Porges.

Cet exemplaire comprend 84 pages (petit format cependant) et non 39 ni 43.

Ainsi il y a à New York 3 exemplaires différents.

Cet exemplaire de 84 pages a été, d'après les informations qui nous ont été données, recopié d'après l'original par une nièce au 2ème degré de Moses Porges, Gabriele Jordan, née Porges von Portheim.

Paul Oppenheim, sur lequel vous me demandez des renseignements, est un professeur américain de grande renommée, qui habite Princeton et est originaire de la famille de bijoutiers de Francfort bien connue.

Le troisième exemplaire est de Madame Richter, la femme de Hans Richter, le dadaïste réputé, et a été envoyé à l'institut sur mon instigation.

J'ai une copie de ce troisième exemplaire ici. Mme. Richter vient chaque hiver à Locarno et nous entretenons de bonnes relations.

Mme. Richter est née Goldschmidt-Rothschild et est également parente avec Paul Oppenheim.

D'elle, nous ne devrions pas avoir besoin de demander une autorisation de publier.

Je lui dirai, à l'occasion, que le manuscrit sera éventuellement publié et elle ne fera que s'en réjouir.

Finalement je voudrais attirer votre attention sur le fait que ces mémoires de Porges, pour lesquels j'ai éprouvé un vif intérêt en son temps, ont déjà été publiés à plusieurs reprises, d'une façon ou d'une autre et notamment, sous des formes un peu différentes :

1) 1868 in Vereinsbuch Achawa

2) 1929 en traduction yiddish de N.M. Gelber in Historische Schriften der YIWO 1929, comme vous le savez déjà

3) 1931 publié par Max Dienemann in "Alt-Offenbach, Blätter des Offenbacher Geschichtsvereins", Band 7, Heft 4 sous le titre "Als Page bei Eva Frank"

Pour finir, il faudrait encore vérifier si Paul Arnsberg, dans son petit livre paru en 1965 "Von Podolien nach Offfenbach. Die jüdische Heilsarmee des Jacob Frank" (Offenbacher Geschichte Blätter, No. 14), se réfère aux mémoires Porges et de quelle manière.

Le susnommé Porges est apparenté à la famille Wehle de Prague.
J'ai discuté à fond de cette affaire avec le dernier des Wehle, qui a travaillé à l'URO et vit à New York.
Vous le connaissez peut-être.
(En outre, ces mémoires sont déjà répertoriés et décrits dans notre catalogue volume 1).
Selon moi, il y a peu de lauriers à recueillir d'une publication, bien que cette affaire soit encore toujours intéressante.
En effet, aujourd'hui, plus personne n'a connaissance de ces publications qui sont sûrement difficilement accessible à quiconque.

Ici vous voyez comme il est bon de s'envoyer des copies.

Salutations amicales,

Votre,

Max Kreutzberger

c.c. Dr. Grubel


Mémoires de Moses Porges von Portheim

(1781-1870)

Fred Grubel

De l'institut yiddish, section historique, et 1931 in "Alt-Offenbach, Blätter des Offenbacher Geschichtsvereins" VII, Heft 4.

Moses Porges, né le 22 décembre 1781 à Prague, créa avec son frère Léopold, une manufacture de coton imprimé à Prague.

Cette manufacture se développa à tel point que l'Empereur, lors d'un séjour à Prague, estima qu'elle méritait une visite.

En reconnaissance de leurs capacités, il permit aux frères de demander une faveur.

La prière de leur accorder le droit de cité leur fut refusée, parce que contraire à la constitution, mais en compensation ils furent anoblis sous le nom de von Portheim.

Gabriele Jordan (née Porges von Portheim)

L'histoire de mon grand oncle et de mon grand-père Moses Porges.

(Arbre généalogique!)

Morene Rabbi Gabriel Porges

Dans le présent petit livre, il s'agit de la copie des mémoires de Moses Porges, transcrits à la main par sa petite nièce Gabi Jordan, née Porges von Portheim.

Trois publications connues: 1868 in Vereinsbuch der Achawa, 1929 Vol. I Ecrits......